Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est officiellement passé de 2,3 à 1,9. Cette baisse historique, actée par l'arrêté du 31 octobre 2024 modifiant la méthode 3CL-2021, redistribue les cartes du diagnostic de performance énergétique (DPE) pour des millions de logements français chauffés à l'électricité.
Le coefficient d'énergie primaire (EP) mesure l'énergie totale nécessaire pour produire et acheminer 1 kWh d'énergie finale au compteur du logement. Pour l'électricité, ce coefficient reflète les pertes liées à la production centralisée (rendement des centrales), au transport sur le réseau et à la distribution. Historiquement fixé à 2,58 puis abaissé à 2,3 en 2021, il était jugé trop pénalisant par rapport à la réalité du mix énergétique français, aujourd'hui majoritairement décarbonée (nucléaire + renouvelables).
L'arrêté du 31 octobre 2024 acte une baisse à 1,9, actée après plusieurs années de lobbying des syndicats de l'immobilier et des associations de propriétaires. L'objectif : cesser de pénaliser injustement les logements équipés de convecteurs électriques ou de pompes à chaleur, en alignant le coefficient sur la réalité physique du réseau électrique français.
Tous les logements chauffés à l'électricité (convecteurs, radiateurs à inertie, planchers chauffants électriques, pompes à chaleur air-air ou air-eau) voient leur consommation en énergie primaire diminuer mécaniquement. Pour un logement consommant 200 kWh d'énergie finale électrique par m² et par an :
Gain : 1 classe DPE, sans aucun travaux. Pour certains logements situés à la frontière entre deux classes, le gain peut atteindre 2 classes (par exemple de G à E).
Le coefficient EP du gaz naturel reste inchangé à 1,0 (pas de perte entre énergie primaire et finale pour les combustibles fossiles). Idem pour le fioul domestique (EP = 1,0) et le bois énergie (EP = 1,0). Seul l'électricité bénéficie de cette baisse.
Cette asymétrie modifie radicalement les arbitrages énergétiques : installer une pompe à chaleur (PAC) air-eau devient encore plus attractif dans le calcul DPE, car la consommation électrique de la PAC sera désormais affectée d'un coefficient de 1,9 au lieu de 2,3, rendant l'équipement plus compétitif face aux chaudières gaz à condensation.
Oui. L'Observatoire de l'ADEME a mis en ligne un service gratuit permettant aux propriétaires de télécharger une attestation de reclassement pour les DPE établis entre juillet 2021 et décembre 2025. Vous entrez le numéro ADEME de votre DPE actuel (visible sur le document), et le système recalcule automatiquement votre nouvelle classe selon le coefficient 1,9.
Cette attestation a une valeur réglementaire opposable : elle peut être utilisée pour lever une interdiction de mise en location (si vous passez de G à F par exemple), ou pour justifier d'une meilleure classe dans une annonce immobilière.
⚠️ Attention : Le reclassement ne s'applique qu'aux DPE déjà établis. Si vous n'avez pas encore fait réaliser de DPE, le diagnostiqueur appliquera directement le coefficient 1,9 — inutile de demander une attestation.
La loi Climat & Résilience interdit progressivement la mise en location des logements classés G (depuis 2023), F (depuis 2028) et E (depuis 2034). Le passage du coefficient EP à 1,9 réduit mécaniquement le nombre de logements concernés, en particulier dans le parc locatif privé équipé de chauffage électrique direct (grille-pain).
Selon les estimations de l'Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE), environ 200 000 logements sortiraient du statut de passoire thermique grâce à ce seul changement de coefficient, sans aucun travaux. Cela représente environ 5 % du parc de passoires thermiques identifié en France.
Les aides MaPrimeRénov' par geste et MaPrimeRénov' Rénovation d'ampleur restent conditionnées à la classe DPE. Si votre logement passe de F à E grâce au reclassement, vous restez éligible aux aides destinées aux passoires thermiques (qui concernent les classes F et G), mais vous perdez l'accès aux aides majorées réservées aux logements G.
En revanche, pour un projet de rénovation d'ampleur visant un gain de 2 classes minimum, le reclassement peut jouer en votre faveur : si vous partez d'un E recalculé au lieu d'un F, vous pourrez viser C au lieu de D, ce qui ouvre droit à des bonus de performance énergétique supplémentaires.
Absolument. Le passage de 2,3 à 1,9 ne change rien à la consommation réelle de votre logement. Si vous consommez 200 kWh/m².an d'électricité, vous continuerez à consommer 200 kWh/m².an — seul le calcul conventionnel DPE change.
Concrètement, si vous aviez une facture annuelle de 2 500 € avec une classe F, vous aurez toujours une facture de 2 500 € avec une classe E après reclassement. Seule l'isolation, le changement de système de chauffage ou l'installation de ventilation double flux réduiront vos dépenses énergétiques réelles.
Le reclassement est une aubaine administrative et réglementaire (sortie des interdictions locatives, meilleure valorisation à la vente), mais il ne remplace en aucun cas les travaux de rénovation énergétique si votre objectif est de réduire vos factures et d'améliorer votre confort thermique.
Notre bureau d'études réalise des audits énergétiques certifiés RGE conformes aux derniers arrêtés en vigueur. Contactez-nous pour un devis gratuit.
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